Trois suicides chez PSA Peugeot-Citröen en mai

samedi 9 juin 2007

Trois nouveaux suicides se sont produits en mai parmi le personnel du site de production d’automobiles PSA Peugeot-Citroën de Mulhouse. L’information a été révélée, lundi 4 juin, par la CGT, qui a fait part de son « inquiétude » et invoqué de « fortes pressions sur le lieu de travail ». Ces suicides font suite à celui d’un employé de 51 ans qui s’était pendu en avril dans un local technique de l’unité mécanique du site mulhousien. « On est très inquiets, on tire la sonnette d’alarme », explique Vincent Duse, secrétaire CGT. « En quinze jours, entre avril et mai, il y a eu quatre suicides de salariés », poursuit-il.

« Contrairement au premier, les trois autres [employés], qui appartenaient tous à l’atelier de ferrage, où on assemble les châssis bruts des véhicules, ne se sont pas suicidés dans l’usine », précise-t-il. Selon M. Duse, l’un des trois a laissé une lettre pour dire qu’il avait un problème avec sa compagne, tandis que les deux autres n’ont pas donné d’explication. Ces suicides sont « un traumatisme pour l’usine et nous pensons aux proches et aux amis » de ces personnes, a indiqué pour sa part un porte-parole de la direction.

« MIEUX PRENDRE EN CHARGE LES SALARIÉS EN DÉTRESSE »

Cette série de suicides a amené la direction du groupe à lancer au niveau national « des actions pour mieux prendre en charge les salariés en détresse », a-t-elle indiqué lundi. « Les causes d’un suicide sont toujours complexes. Les ressources humaines de PSA mènent des enquêtes internes pour déterminer s’il peut y avoir un lien avec le travail. Nous réfléchissons aux causes potentielles du mal-être au travail », a ajouté la direction. « Nous allons mettre en place de nouvelles actions pour mieux prendre en charge les personnes en détresse : des actions d’aide et d’écoute, des mesures préventives, des cellules de veille comme celle qui doit se réunir ce mois-ci à Mulhouse, et nous allons renforcer les processus internes de détection du harcèlement », a-t-elle détaillé.

Selon le délégué de la CGT, les salariés qui ont mis fin à leurs jours étaient « expérimentés, ils avaient entre 30 et 40 ans (…). Ils avaient des problèmes d’argent ou de santé, qui s’ajoutaient à la pression au travail, à l’ambiance pourrie sur le lieu de travail ». Selon lui, « la pénibilité du travail favorise aussi les dépressions ». Dans cet atelier, une « trentaine d’employés » sont en dépression, a-t-il encore dénoncé, ajoutant que la direction « envoyait des lettres aux salariés en maladie afin de les culpabiliser », ce que la direction a formellement démenti. Jean-Denis Bauer, délégué syndical FO, a pour sa part tempéré l’analyse de la CGT. « Ces trois personnes ne se sont pas suicidées dans l’entreprise, on n’a aucun document, aucune preuve qui mette en cause la direction », a-t-il notamment déclaré à l’AFP.

Source : lemonde.fr avec AFP et Reuters | 04.06.07 | 13h56 • Mis à jour le 04.06.07 | 15h52

SPIP | | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0